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C’est comme si nous avions toutes et tous oublié la crise financière et ses effets délétères. La propagande en faveur d’une privatisation de Belfius tourne à plein régime. Les deux banques d’affaire états-uniennes qui conseillent la banque et le gouvernement ont des bonnes nouvelles pour tout le monde. On nous parle de « coup double », Belfius ferait à l’avenir encore plus de profits et ne serait vendue que partiellement, de quoi réduire le déficit budgétaire et diminuer la dette publique. C’est ignorer qu’il y a cinq ans à peine, Dexia a du être sauvée et nationalisée avec 4 milliards d’euro d’argent public – tout cela parce que les profits énormes qui étaient exigés par les actionnaires avaient complètement fait dérailler la banque ; une pression destructrice venue du gouvernement (via le holding communal), d’Arco, et des différents investisseurs privés devenus actionnaires via la bourse. Une mise en bourse partielle et un gouvernement qui considère Belfius comme une vache à lait est le meilleur moyen de recréer la même situation.

Dans un édito paru le 4 Juillet, un journaliste du Tijd, Bart Haeck, a rappelé les risques d’une course effrennée au profit : “C’est un raisonnement dangereux. Il sert les intérêts du gouvernement à court terme, mais il peut endommager les intérêts de Belfius, et de tous ceux et celles qui sont financées par Belfius : des familles, des entreprises, des associations, des gouvernement locaux, des hôpitaux.”

Que les deux banques d’investissements vendent le rêve d’une mise en bourse ne doit pas nous étonner: la décision politique concernant la privatisation est bientôt sur l’agenda politique. Et si le gouvernement donne son feu vert, cela signifie des millions d’euros de primes pour ces deux banques d’affaires dont la rémunération est proportionnelle au prix de la vente.

En tant que contribuables et client.e.s direct.e.s ou indirect.e.s via l’utilisation des services publics, hôpitaux, CPAS, entreprises, etc… C’est un autre bilan qu’il nous faut faire. Placer Belfius dans une course aux profits à court terme n’est une bonne nouvelle ni pour la dette publique, ni pour nous. Bien au contraire : ce qu’il nous faut, c’est une banque stable, dont les marges soient suffisantes tout en permettant d’offrir de bonnes conditions de financement à ses clients, qu’ils soient particuliers, entreprises et collectivités.

Au lieu de faire de Belfius une n-ième banque cotée en bourse et soumise à la pression de marché, nous pouvons en faire une banque publique. En Belgique nous avons oublié les avantages que cela représente, mais dans d’autres pays – comme l’Allemagne, le Luxembourg, la Suisse … – il y a des banques publiques gérées de manière saine, dont les attentes de profit sont modérées et dont les objectifs sont orientés vers le service à l’économie locale et la société. C’est possible chez nous aussi, mais le gouvernement préfère la bourse et les profits à court terme. Et si les choses venaient de nouveau à s’envenimer dans la banque, les politiciens auteurs de sa privatisation seront déjà partis au moment où il faudra de nouveau payer collectivement la facture.

Les services publics semblent pourtant être de retour: une étude récente publiée par le Transnational Institute donne des centaines d’exemples de privatisations qui ont été défaites à cause de leur coût exorbitant et de la mauvaise qualité des services offerts. Belfius pourrait aussi surfer sur cette vague. Il faudra encore un an avant qu’une vente de Belfius ne soit conclue. Un an de temps pour se défaire du compte de fée que nous raconte le gouvernement. Un an de temps pour faire comprendre aux politiciens que nous ne pouvons plus nous permettre leurs politiques irresponsables.

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