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Le 29 mars, des membres de la plateforme Belfius est à nous organisaient une journée de travail sur les missions à confier à la banque Belfius. Près de 90 personnes répondaient à l’appel et ont participé à ces discussions riches autour des enjeux de sociétés auquel nous faisons face, et les possibles contribution d’une banque dont la propriété serait collective, et les missions seraient définies en fonction des besoins de la population.

Quatre thématiques ont été explorées au cours de cette journée, que nous détaillons dans cet article: la transition énergétique, l’accès au logement, l’accessibilité des services bancaires pour toutes et tous, et le financement des collectivités publiques.

Cette première journée a été concluante et provoqué un enthousiasme certain parmi les participant.e.s. Un format à répéter et diffuser pour faire avancer l’idée de ce qu’une reprise en main citoyenne de la banque Belfius pourrait signifier, et pour se réapproprier ces enjeux.

 

TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

La Belgique s’est engagée dans son Plan national Energie-Climat (Pnec) à : réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30% d’ici à 2030, porter la part des énergies renouvelable dans son mix énergétique à 18,3% (en deçà des objectifs européens), mettre en œuvre des programmes de rénovation thermique des bâtiments, déployer des “compteurs intelligents” pour améliorer les gestion de la consommation d’électricité, développer l’autoconsommation des énergies renouvelables, accentuer l’utilisation des pompes à chaleur. Le pays est également partie prenante de la COP et s’est fixé pour objectif de maintenir la hausse des températures sous la barre des deux degrés. La mise en œuvre de ces mesures va nécessiter des investissements importants de la part des pouvoir publics mais également des acteurs privés. Comment Belfius pourrait contribuer à ces objectifs ?

LOGEMENT

La crise du logement abordable est une réalité profonde en Belgique. A Bruxelles elle touche plus d’un tiers de la population: des personnes qui pourraient bénéficier d’un logement social mais qui n’ont pas d’autre possibilité que le marché privé faute de logements sociaux disponibles. Un achat étant souvent inaccessible, ces ménages sont condamnées à louer, souvent trop cher, trop petit, mal isolé, mal localisé, humide, et autre problèmes d’insalubrité. Le financement du logement passe aujourd’hui par des politiques accommodantes pour les investisseurs privés, qui – etant donné leurs objectifs de rentabilité – n’interviennent qu’en cas de subventions publiques, et ne produisent pas du logement adapté aux personnes les plus précarisées. Comment une banque socialisée pourrait-elle répondre à ces enjeux?

COMMUNES

Si Belfius est aujourd’hui une banque profitable, c’est notamment grâce à ses racines communales et associatives. Mais la seule mission qui a été donnée à Belfius depuis son acquisition par l’Etat en 2011 est de maximiser les profits pour générer des dividendes qui alimentent le budget de l’État. La priorité est certes donnée à « l’ancrage local », mais sans que l’intérêt de la population, des client.e.s et des employé.e.s ne soit pris en compte. Pourrions-nous envisager que le financement des communes et du secteur social permette d’alléger la charge des intérêts qui pèsent sur les communes, que les services aux institutions publiques et sociales soient fournis à des conditions avantageuses, que les services offerts a la population le permette un réel accès aux services de base, et que la banque soutienne des politiques publiques de réinvestissement dans les écoles, les hôpitaux, l’efficacité énergétique des bâtiments ou le déploiement des transports publics?

ACCESSIBILITE

Sommes-nous en train d’assister à une dualisation de la société entre ceux qui peuvent accéder à et/ou utiliser des services et produits financiers adaptés à leurs besoins et leur permettant de mener une vie sociale normale et ceux qui ne le peuvent pas ? On peut se poser la question en lisant la une du journal « Le Soir » du 5 novembre 2018 qui, sous le titre « Banques : une agence sur cinq fermée en 3 ans » constatait : « Le secteur financier préfère conserver des agences dans les zones où la population est aisée et connectée. » L’exclusion financière, c’est-à-dire la situation dans laquelle se trouve une personne qui ne peut accéder à et/ou utiliser des services et produits financiers proposés par des prestataires « classiques » et qui soient adaptés à ses besoins, ne concerne pas uniquement l’accès à des agences bancaires mais à l’ensemble de l’activité financière : les moyens de paiement, le service bancaire de base, les assurances, l’épargne et le crédit. Quel est le rôle d’une banque publique afin d’assurer l’accessibilité de ces services à tou.te.s les citoyen.ne.s ? Comment faire pour que le coût de ces politiques d’inclusion ne soient pas exclusivement à charge des pouvoirs publics ?

 


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