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« Belfius est à nous »

Belfius est une opportunité

Belfius est une des quatre plus grandes banques de Belgique. Elle est entièrement détenue par l’État, quasi exclusivement dédiée à l’économie belge et première banque du secteur public dans le pays.

Une banque est un outil puissant : les critères qu’elle utilise pour déterminer qui aura accès au crédit et à quelles conditions, peuvent changer la face de notre économie et de notre société. Ce qui est financé aujourd’hui existera demain – ce qui ne l’est pas n’existera probablement pas. En cela, Belfius constitue une véritable opportunité pour la population de Belgique dans une période aux défis économiques, sociaux et environnementaux considérables, et alors que des besoins multiples en investissement (enseignement, santé, transports, etc.) se font sentir. Belfius se présente  comme « le bancassureur disposant du meilleur ancrage local, qui place la société belge au centre de ses priorités » : seul l’exercice d’un contrôle citoyen sur la banque permettra de réaliser pleinement cette ambition.

Comment la banque Belfius est-elle gérée aujourd’hui ?

Belfius a été acquise par l’État belge en 2011 suite à la deuxième faillite de Dexia, au prix de 4 milliards d’euros. Rapportés à la population de Belgique, cela correspond à 363 euro par personne. De ce point de vue, elle n’existe que par l’argent public.

Pourtant, même si l’État est seul propriétaire, il se comporte comme un investisseur privé dont le principal objectif est de rendre la banque la plus rentable possible afin de la revendre au prix le plus élevé possible. Les restructurations, réductions de personnel et fermetures d’agences des dernières années en attestent.

La gestion de Belfius s’exerce par ailleurs loin du contrôle parlementaire et aucun débat public de fond sur le rôle de la banque, sa gestion et son futur n’a eu lieu depuis la prise de contrôle par l’État. Les nombreux intérêts concernés, qu’ils soient ceux des usagers, employés, collectivités, communes, entreprises, ou autres, ne sont par ailleurs pas représentés dans l’appareil décisionnel de la banque. Il en résulte que les seules informations reprises dans les médias portent sur la bonne santé et la probable revente de la banque au privé.

Non à la privatisation de Belfius

Une vente de Belfius à un groupe bancaire étranger accroîtrait encore la soumission du secteur bancaire belge à des capitaux extérieurs et sa vulnérabilité dans le cas d’une prochaine crise. Une vente à un groupe déjà établi en Belgique accroîtrait encore la concentration du secteur et conduirait à de nouvelles réductions du nombre d’agences et du personnel. Par ailleurs, une mise en Bourse, même partielle, mettrait les citoyennes et citoyens hors jeu, puisque l’objectif de maximisation du profit des actionnaires serait institué dans la gestion de la banque. L’histoire récente de Dexia a démontré le coût énorme d’une telle privatisation.

Trois critères pour un contrôle citoyen

A côté d’une banque détenue à 100% par un État qui ne donne aucune direction stratégique (en dehors d’une volonté de rentabilité élevée) et une banque actionnariale détenue par des capitaux privés, il existe des alternatives – et certaines sont déjà à l’œuvre dans d’autres pays comme l’Allemagne où les banques publiques locales et les banques coopératives prédominent. Ce que ces alternatives nous montrent, c’est qu’il est possible d’intégrer une banque au sein de la société dans laquelle elle opère. Nous, signataires, en appelons donc à une socialisation de Belfius – et pour y parvenir, trois critères doivent être remplis.

Nous voulons une banque:

  1. qui remplisse des missions d’intérêt général, notamment en assurant le développement économique local, en étant au service des communes et du secteur social, en soutenant la transition écologique ;
  2. dont le nouveau statut permettra, en tenant compte des objectifs de viabilité et de stabilité de la banque, de donner priorité, dans la durée, à sa mission sociétale plutôt qu’à un objectif de maximisation du profit ;
  3. dont les structures décisionnelles seront adaptées, par exemple à travers la mise en place de comités sociétaux qui veilleront à la bonne mise en œuvre des missions sociétales de la banque.

Redéfinir ainsi l’avenir de Belfius nécessite une participation large : nous appelons donc organisations, collectifs et individus, dans leur diversité, à soutenir cet appel et à contribuer à la mise en place d’un contrôle citoyen sur la banque.

Conscientes de la puissance de l’outil que la crise financière a mis entre nos mains malgré nous, et du fait que Belfius est une banque qui nous appartient, les organisations et personnes signataires de cet appel entendent faire en sorte qu’elle soit mise au service de nos intérêts communs.

Signataires :

FairFin, Réseau Financité, CNE, ACV-CSC, LBC-NVK, KWB, FGTB Wallonie, BBTK-SETCA, ABVV, Masereelfonds, Attac Wallonie-Bruxelles, Attac Vlaanderen, CADTM, CEPAG, Iteco, Hart Boven Hard, Tout Autre Chose, Poliargus, Gresea, MOC, ACiDe, Saw-B, Oikos denktank, Forum gauche écologie, FOS-socialistische solidariteit, Vermeylenfonds, Netwerk Tegen Armoede et Gerfa.