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QUESTION 1 : BELFIUS, C’EST QUI, C’EST QUOI ?

Belfius est une banque active essentiellement sur le territoire Belge. Anciennement Crédit Communal de Belgique, privatisée à la fin des années 1990 et devenue Dexia Banque Belgique, la banque est redevenue propriété de l’État belge en 2011 alors que Dexia menaçait de faire faillite pour la deuxième fois. La banque a été baptisée Belfius en Mars 2012 : BEL comme Belge, FI comme finance, US comme « nous» en anglais… une autre façon de dire « Belfius est à nous » ?

Belfius est l’une des principales banques de Belgique : par la taille de son bilan, ses effectifs et le nombre de ses agences, elle est dans le top 4 des banques établies en Belgique après le groupe BNP Paribas, le groupe ING/Rabobank et le groupe KBC-CBC.

Belfius est historiquement et toujours aujourd’hui la principale banque des communes.


QUESTION 2 : BELFIUS EST UNE BANQUE, EN QUOI SA GESTION ET LES DÉCISIONS QUI Y SONT PRISES ME CONCERNENT-T-ELLES ?

Une banque n’est pas une entreprise comme les autres : d’abord parce qu’elle est quasiment incontournable (qu’on le veuille ou non, chacun et chacune d’entre nous doit avoir un compte bancaire pour percevoir un salaire ou des allocations) ; ensuite parce que – les banques étant les dépositaires de l’épargne des entreprises, des ménages et des organisations sociales et publiques – leur sauvetage en 2008 et 2011 a coûté une fortune aux États et aux populations, notamment en Belgique ; et enfin parce qu’une banque créer et alloue des crédits, décidant ainsi du financement ou non de projets individuels ou collectifs, privés ou publics.

En bref, avoir le contrôle sur une banque, c’est avoir le contrôle sur un service d’intérêt public central au fonctionnement de notre économie et de notre société. Si ce contrôle est laissé aux mains d’intérêts (publics ou privés) dont l’objectif est de maximiser la valeur de leur investissement, l’intérêt de la population ne peut être correctement représenté.


QUESTION 3 : POURQUOI NE PAS REVENDRE BELFIUS, MÊME PARTIELLEMENT ?

Est-ce que ça ne nous rapporterait pas davantage de vendre cette banque? On ferait une plus-value immédiate et nous serions débarrassés d’éventuels problèmes !

Il a été répété à de nombreuses reprises par les gouvernements successifs et les dirigeants et conseillers de Belfius qu’une vente de la banque permettrait des rentrées d’argent immédiates, bienvenues en cette période de restriction budgétaire. Mais (1) cette plus-value ne serait pas si intéressante que cela au vu du coût du sauvetage et de la restructuration de Belfius ; (2) elle nous priverait des nombreuses possibilités offertes par une gestion de la banque dans l’intérêt de toutes et tous, et (3) cela ne nous protègerait pas des problèmes éventuels que pourraient poser la banque comme l’a clairement démontré la crise de 2008.

(1) La vente de Belfius n’aurait des effets que de très courte durée : l’État encaisserait l’argent de la vente et perdrait contre cela toute maîtrise sur les profits futurs et leur utilisation.

Par ailleurs, même si une plus-value apparente était réalisée entre le prix d’achat (env. 4 Mds d’Euro) et le prix de vente (potentiellement a 6-7 Mds d’Euro), celle-ci est sans commune mesure avec le coût considérable des sauvetages de Dexia entre 2008 et 2011 qui pèsent toujours lourdement sur la population de Belgique, et si l’on en reste à l’échelle de l’ex-filiale Belge de Dexia devenue Belfius, la restructuration de la banque (licenciements et/ou non remplacement des départs) et les fermetures d’agence représentent un coût important et pourtant difficile à évaluer pour la collectivité (allocations chômage, soins de santé, perte de dynamisme économique dans les espaces désertés par la banque, etc).

(2) La vente de la banque nous dépossèderait d’un outil très puissant: une banque, dont l’une des fonctions essentielles est d’allouer le crédit là où il est utile et où il peut être bénéfique pour la société (financement de biens communs, rénovations d’infrastructures publiques, financement de la rénovation écologique des bâtiments, etc). Il nous serait par ailleurs quasi impossible d’en infléchir les décisions étant donné que la banque ne serait plus à nous.

(3) Enfin, comme l’ont démontré les crises qui ont touché les banques établies en Belgique et détenues par des grands groupes privés internationaux (Fortis et Dexia en première ligne), la faillite d’une banque privée – d’autant plus lorsqu’elle est de taille conséquente – devient l’affaire de toutes et tous. Les banques remplissent en effet des fonctions essentielles pour le fonctionnement de l’économie aujourd’hui: gestion des systèmes de paiement (virements, cash…), conservation de l’épargne et allocation du crédit et gestion des risques de crédit. Une gestion imprudente voire irresponsable devient vite un problème collectif. Ce qui plaide en soi pour une gestion socialisée des banques, dans l’intérêt général.

Et si la vente n’est que partielle (si par exemple on ne vend qu’un tiers de la banque à des investisseurs privés) alors le problème ne se pose plus, non ?

Une vente partielle serait une première étape vers une vente de la majorité des parts de la banque, et donc vers une perte de contrôle: les histoires passées de privatisations annoncées comme partielles se sont systématiquement achevées ainsi. Par ailleurs, faire entrer des actionnaires privés dont l’objectif principal est de rentabiliser leur investissement revient à faire entrer de nouveau la logique de maximisation du profit comme priorité de la banque. Il faut donc refuser une privatisation même partielle de Belfius.

Voir aussi notre commentaire sur l’annonce récente du CEO de Belfius, Marc Raisière, à propos d’une possible introduction en bourse de Belfius.


QUESTION 4 : QU’EN PENSENT LES GENS QUI TRAVAILLENT CHEZ BELFIUS ?

Les premiers concernés sont les personnes qui travaillent chez Belfius : qu’en pensent-ils ? Comment organiser une transformation de la banque avec elles et eux, sachant que 2/3 des agences Belfius sont gérées par des indépendants ?

Les syndicats soutiennent la plateforme dans une large majorité, avec la conviction qu’un projet inclusif sera bénéfique aussi pour les employé.e.s. En effet, redéfinir la mission de la banque avec en son centre les personnes qui y travaillent et les usagers, plutôt que des objectifs de rentabilité qui ont transformé le personnel des agences des vendeurs de produits, ne peut que bénéficier aux conditions de travail des employé.e.s et à l’adéquation des services rendus aux clients.

Pour ce qui est des agences indépendantes, elles ont un contrat exclusif de distribution avec la banque Belfius : tant que les conditions de ces contrats restent intéressantes pour les indépendants et que la réputation de Belfius est bonne, il n’y a pas de raison que le personnel concerné s’oppose au projet.